CNUCED: un Etat refuse l'accréditation d'Alliance Sud, une première

CNUCED: un Etat refuse l'accréditation d'Alliance Sud, une première

Photo: Keystone

Jamais la suissesse Alliance Sud ni d'autres ONG n'ont connu telle déconvenue à la CNUCED en près de 20 ans au moins. Un Etat refuse son accès à la réunion de l'institution, a appris l'ats. Berne veut régler le blocage.

La rencontre de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), organisée tous les quatre ans, doit avoir lieu du 17 au 22 juillet prochain à Nairobi. Plusieurs chefs d'Etat, ministres, organisations internationales, mais également des ONG et le secteur privé sont attendus.

Dans une lettre de deux lignes datée de début avril, la CNUCED annonce à la coalition de six oeuvres d'entraide ce rejet. La demande lancée mi-mars 'n'a pas été approuvée par un Etat membre', sans davantage d'explications.

Une première en près de 20 ans au moins depuis que la cheffe de l'unité de liaison entre Etats membres et société civile Amel Haffouz occupe son poste. Impossible pour elle de dire si de tels cas se sont présentés avant son arrivée.

Les demandes d'accréditation des ONG sont envoyées en même temps à tous les Etats membres. Une seule objection suffit à les bloquer, a dit à l'ats Mme Haffouz.

La CNUCED n'a pas son mot à dire. De même qu'elle n'est pas autorisée à révéler des détails sur cette décision, ni sur l'identité de l'Etat en question.

SECO actif pour débloquer la situation

Pour les ONG qui bénéficient d'un statut d'observateurs, la procédure n'est pas la même et une discussion peut avoir lieu au sein du bureau des Etats membres. Mais Alliance Sud n'en dispose pas.

L'affaire préoccupe à Berne où le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) travaille sur ce dossier. 'Nous sommes remontés au pays qui a fait opposition et nous sommes dans un contact suivi avec ce pays afin d'essayer de surmonter cette opposition', a précisé vendredi un porte-parole. Les discussions sont menées entre les missions respectives à Genève et la capitale du pays concerné.

De son côté, Alliance Sud dénonce la procédure qui autorise un Etat à boycotter les ONG 'pour des raisons vraisemblablement politiques'. 'Ce processus opaque et anti-démocratique viole le droit à l'information et à la participation de la société civile que les Nations Unies affirment promouvoir', ajoute aussi la coalition.

Plusieurs cas ont été constatés par le passé au Conseil économique et social de l'ONU à New York. En 2010, Il avait suspendu pour deux ans le statut consultatif de l'ONG genevoise Cetim, après une plainte de la Turquie et une recommandation du Comité des ONG du Conseil.

Mais les procédures sont plus sensibles dans cette enceinte parce que les accréditations permettent d'accéder au Conseil des droits de l'homme, fait remarquer Alliance Sud.

/ATS
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