Barack Obama en Alaska pour appeler à l'action sur le climat

Barack Obama en Alaska pour appeler à l'action sur le climat

Photo: Keystone

Par sa durée et son ampleur, la visite présidentielle de Barack Obama en Alaska est sans précédent dans l'histoire américaine: le locataire de la Maison Blanche a choisi cet immense Etat en première ligne face au réchauffement pour lancer un appel à l'action.

'Le changement climatique n'est pas une menace lointaine sur laquelle nos enfants et nos petits-enfants devront se pencher. C'est maintenant, c'est là !', a lancé lundi, peu avant l'arrivée du président américain, le secrétaire d'Etat John Kerry.

Ouvrant une conférence internationale sur l'Arctique, le chef de la diplomatie américaine a insisté sur l'importance des négociations à l'approche du rendez-vous de Paris (COP 21) en décembre: elle auront 'un impact profond sur l'avenir de la vie sur cette planète', a-t-il lancé. L'objectif de la communauté internationale est de limiter à 2°C la hausse des températures pour éviter un emballement climatique.

Sur les 60 dernières années, l'Arctique a connu une hausse des températures deux fois plus rapide que celle enregistrée dans le reste du monde. En Alaska, le nombre d'incendies majeurs a doublé depuis les années 80.

Télé-réalité pour le président

Grâce à un déplacement soigneusement chorégraphié par la Maison Blanche, M. Obama espère - images fortes à l'appui - mobiliser et rendre le réchauffement palpable, concret. Les Etats-Unis sont le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine.

Preuve de la volonté de la Maison Blanche de toucher un public aussi large que possible, la chaîne NBC a annoncé que le président participerait en Alaska au tournage de l'émission de télé-réalité 'Running Wild with Bear Grylls'. Celle-ci pousse les candidats dans leurs retranchements dans des milieux hostiles. L'épisode sera diffusé d'ici la fin de l'année.

'Tant que je serai président, l'Amérique jouera un rôle central pour répondre à la menace du changement climatique avant qu'il ne soit trop tard', a assuré M. Obama avant de quitter Washington. Mais tout le monde ne l'attend pas à bras ouverts dans ce territoire - vendu en 1867 aux Etats-Unis par l'Empire russe - où le pétrole occupe une place centrale.

Contexte difficile

Nombre d'habitants du '49e Etat' redoutent que le président, les yeux rivés vers la conférence de Paris, en oublie les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés. La visite intervient dans un contexte d'autant plus difficile que la chute des prix du brut en a sensiblement amputé les ressources.

Le gouverneur Bill Walker a prévenu qu'il avait un message clair pour le président: 'Nous avons un excellent oléoduc en Alaska, le seul problème est qu'il est aux trois quarts vide. Je lui dirai que nous devons mettre plus de pétrole dans l'oléoduc, que nous devons avoir plus d'accès aux ressources'.

Représentant de l'Alaska au Congrès depuis plus de 40 ans, le républicain Don Young, favorable à l'expansion des zones de forage, a lui aussi exprimé ses craintes: 'Nous ne sommes pas seulement une carte postale', a-t-il prévenu.

Les associations de protection de l'environnement sont, elles aussi mais pour d'autres raisons, vent debout: elles regrettent le feu vert accordé au groupe Shell pour mener des forages dans la mer des Tchouktches, au nord de l'Alaska.

Décision symbolique

Quelques heures avant l'arrivée de M. Obama, la Maison Blanche a annoncé une décision symbolique réclamée de longue date dans cet Etat: le Mont McKinley, plus haut sommet d'Amérique du Nord, a été rebaptisé Denali.

Il ne sera désormais officiellement plus désigné par le nom du 25e président des Etats-Unis, mais par celui qui fut utilisé pendant des siècles par les populations locales et y est toujours largement employé.

/ATS
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