Affaire Bettencourt: sept personnes font appel de leur condamnation

Affaire Bettencourt: sept personnes font appel de leur condamnation

Photo: Keystone

La quasi-totalité des personnes condamnées fin mai à Bordeaux pour abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt, 92 ans, la richissime héritière du groupe L'Oréal, ont fait appel du jugement du tribunal correctionnel. Le parquet a confirmé cette information mardi.

Hormis l'entrepreneur audiovisuel Stéphane Courbit, condamné à 250'000 euros d'amende, toutes les personnes condamnées, jugées de fin janvier à fin février à Bordeaux, ont fait appel. L'ancien ministre UMP Eric Woerth avait, lui, été relaxé des poursuites pour 'recel' dans ce volet de l'affaire. La date du procès en appel des sept prévenus concernés n'est pas encore connue.

Le confident de Liliane Bettencourt, l'artiste François-Marie Banier, avait été condamné à 3 ans de prison dont 6 mois avec sursis et 350'000 euros d'amende. Son compagnon, Martin d'Orgeval, avait quant à lui été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 150'000 euros d'amende pour les mêmes motifs.

L'ombre de Patrice de Maistre

Le gestionnaire de fortune de la femme la plus riche de France, Patrice de Maistre, avait écopé d'une peine de 30 mois de prison, dont un an avec sursis, et 250'000 euros d'amende, ainsi que de plus de 12 millions d'euros de dommages et intérêts; et son successeur auprès de Mme Bettencourt, l'avocat Pascal Wilhelm, 30 mois de prison dont une année avec sursis, et 250'000 euros d'amende.

Carlos Cassina Vejarano, ex-gestionnaire de l'île seychelloise des Bettencourt, résidant au Mexique et absent du procès pour raisons médicales, avait été condamné, lui, à 18 mois de prison dont neuf avec sursis et 250'000 euros d'amende. Deux notaires de la milliardaire avaient aussi été condamnés pour 'complicité d'abus de faiblesse' sur leur cliente.

Aucun appel n'a en revanche été interjeté dans le 2e volet de l'affaire pour 'trafic d'influence', dont le procès s'est tenu en mars, a précisé le parquet de Bordeaux. Eric Woerth et Patrice de Maistre, poursuivis pour avoir conclu un arrangement selon lequel l'ex-ministre aurait remis la Légion d'honneur à M. de Maistre en échange d'un emploi pour son épouse, ont tous deux été relaxés.

Violation du secret professionnel

Le procureur a par ailleurs requis mardi à Bordeaux une peine de 5000 euros d'amende contre la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, poursuivie pour 'violation du secret professionnel' dans l'enquête sur l'affaire Bettencourt dont elle fut une actrice-clé avant d'en être dessaisie.

La présidente de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre est soupçonnée d'avoir divulgué à des journalistes du quotidien Le Monde, lors de téléphones, les détails d'une perquisition effectuée au domicile de Liliane Bettencourt le 1er septembre 2010.

'Les charges sont nombreuses et accablantes. Tout ramène à elle et les preuves reposent sur l'existence de faits matériellement établis', a lancé le procureur dans un réquisitoire cinglant contre la magistrate, qu'il a accusée d'avoir commis une 'faute déontologique'.

Cette dernière avait nié la veille avoir transmis des informations aux journalistes du Monde sur des auditions de deux employées de Liliane Bettencourt et sur une perquisition qu'elle avait supervisée au domicile de l'héritière de l'Oréal à Neuilly-sur-Seine.

La trace de deux SMS envoyés par la juge à l'un des journalistes pendant la perquisition a été retrouvée durant l'instruction. Mme Prévost-Desprez risque jusqu'à un an de prison et 15'000 euros d'amende.

/ATS
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