Le pays toujours paralysé par les grèves et les mobilisations

Le pays toujours paralysé par les grèves et les mobilisations

Photo: Keystone

Les opposants à la loi travail maintiennent la pression ce jeudi en France avec l'organisation de nouveaux blocages et manifestations. Les grèves perdurent aussi. La police a déjà procédé à 19 interpellations à Rennes.

Le ton est monté d'un cran jeudi matin au lendemain de nouveaux affrontements à Paris contre les forces de l'ordre. Le Premier ministre Manuel Valls se dit prêt à faire lever par les forces de l'ordre les blocages des ports, des raffineries et des aéroports.

'Nous ne pouvons tolérer ces barrages', a indiqué le chef du gouvernement qui a accusé les syndicats CGT et Force ouvrière (FO) d''attiser les inquiétudes' avec des 'contre-vérités' sur la rémunération des heures supplémentaires dans la nouvelle loi.

'Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement dit rester droit dans ses bottes. Le match n'est pas fini', a répliqué sur France Inter le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui continue de réclamer avec son homologue de la CGT le retrait de la réforme.

Les syndicats se protègent

Une nouvelle manifestation est annoncée à Paris où un cortège doit s'ébranler jeudi dès 14h00 de la place de la Nation vers la place d'Italie. Les syndicats qui ont appelé à manifester pour la seconde fois en 48 heures assurent que 'la mobilisation va se poursuivre et s'amplifier jusqu'au retrait du projet de loi travail'.

Pour encadrer ce cortège, les services d'ordre des syndicats, pris à partie une semaine plus tôt, vont venir en nombre et équipés de 'matériel varié', selon une source syndicale. Fait inédit depuis le début de la mobilisation, mardi certains étaient armés de bâtons et de matraques pour répondre aux casseurs. 'Il faut savoir se protéger', a justifié le numéro un de la CGT Philippe Martinez.

Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a mis en garde les syndicats. Il est 'inquiétant' et 'pas souhaitable' que les services d'ordre aient sur eux des matraques ou des bâtons, a-t-il dit. 'Pas question de renoncer à cause des violences', lui a répondu Philippe Martinez. 'On ne peut pas empêcher la démocratie de s'exprimer parce qu'il y a des problèmes en marge des manifestations', a-t-il déclaré.

Interpellations à Rennes

Des grèves de routiers et de cheminots continuent également d'appuyer le mouvement. Jeudi matin, dans la région de Marseille, les routiers ont mené une opération de blocage près de la zone industrielle de Fos-sur-mer. Dans l'ouest du pays, des barrages filtrants ont été mis en place à Rennes et un autre à Nantes.

A Rennes précisément, haut lieu de la grogne, la police a interpellé dans la matinée 19 personnes au visage recouvert de cagoules dans plusieurs stations de métro de la ville alors qu'elles tentaient de dégrader des systèmes permettant aux rames automatiques de circuler.

Dans la région du Havre, la mobilisation a pris de l'ampleur: deux raffineries étaient bloquées et la pénurie de carburant gagne du terrain. Dans le centre-ville du Havre, des pneus brûlaient. A Cherbourg, de premiers barrages ont été mis en place.

Dans le sud-ouest, des manifestants bloquaient également les entrées du centre de fret de Mouguerre, dans les Pyrénées-Atlantiques, et l'accès à l'aéroport de Blagnac à Toulouse a été fermé.

En Gironde, une soixantaine de routiers bloquaient l'accès à la plate-forme logistique de Cdiscount (Groupe Casino), à Cestas.

Contrôleurs aériens à l'arrêt

La circulation des trains était également perturbée pour la 2e journée consécutive, affectant fortement certaines lignes régionales et moins l'Ile-de-France. Côté TGV, 2 trains sur 3 étaient prévus.

Un appel à la grève des contrôleurs aériens devait aussi légèrement affecter le trafic, notamment à Orly où 15% d'annulations préventives étaient annoncées.

/ATS
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