Visions du réel couronne un film-fleuve sur une famille irakienne

Visions du réel couronne un film-fleuve sur une famille irakienne

Photo: Keystone

Visions du Réel a attribué son Sesterce d'or à 'Homeland (Iraqi Year Zero), une chronique émouvante qui suit une famille irakienne avant et après l'intervention américaine de 2003. Le festival nyonnais bat son record de fréquentation avec plus de 35'000 spectateurs.

'Visions du réel confirme son rôle de festival leader en Suisse, avec Locarno et Soleure', a dit vendredi son président Claude Ruey. Avec 136 réalisateurs présents, plus de 1100 professionnels accrédités et 166 films projetés, dont 113 premières mondiales ou internationales, Nyon est un rendez-vous important du documentaire et sert de tremplin vers d'autres festivals.

Film hors normes

Cette année, le jury a distingué un film hors normes, de 334 minutes: 'Homeland', de l'Irakien Abbas Fahdel. Le réalisateur, qui a étudié le cinéma en France, est rentré en Irak pour filmer la vie de sa famille avant et après l'intervention américaine.

Il livre un témoignage fort sur des gens 'qui n'aspiraient qu'à vivre en paix' et qui vont voir décéder plusieurs de leurs proches de balles perdues, dont le propre neveu du réalisateur, un enfant, a dit le directeur du festival, Luciano Barisone.

Plus de 150 heures

Abbas Fahdel a tourné plus de 150 heures de film. Une première version durera neuf heures, puis, au prix de coupes difficiles, cinq heures et demie. Son travail donne un autre regard sur la réalité irakienne, loin des reportages rapides de l'actualité. Il sera diffusé samedi à Nyon de 20h00 à 02h00, en deux parties.

Le deuxième prix majeur du festival, le Sesterce d'argent Regard neuf remis au meilleur premier ou second film, va à 'Coma' de Sara Fattahi, une coproduction syrienne et libanaise. Il raconte la vie de trois femmes, une grand-mère, une mère et une fille, dans un appartement à Damas, sous le feu des balles et des bombes.

Hors d'Europe

De plus en plus de films documentaires viennent de pays hors d'Europe, notamment d'Amérique latine et du Moyen-Orient. 'Les cinéastes de milieux moins favorisés arrivent mieux à s'imposer', a dit Luciano Barisone.

Des représentants des cinq continents figurent au palmarès 2015, notamment 'The Chechen Family' de Martin Sola (Argentine), Sesterce d'or pour le moyen métrage et 'My Love don't cross that river' de Moyoung Jin (Corée du Sud), prix du public.

/ATS
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