Procès de Saint-Cyprien: le Suisse Damien Piller relaxé

Procès de Saint-Cyprien: le Suisse Damien Piller relaxé

Photo: Keystone

Le verdict du procès des pots-de-vin en œuvres d'art de la station balnéaire de Saint-Cyprien en France est tombé. Des peines s'échelonnant d'un an avec sursis à 4 ans de prison dont deux ans fermes ont été prononcées. Le Suisse Damien Piller est relaxé.

Quinze personnes, élus et fonctionnaires de la mairie ainsi que chefs d'entreprise, ont été jugées en février pour avoir secondé l'ex-maire dans sa frénésie d'achat d’œuvres d'art entre 2003 et 2008, qui a coûté 7 millions d'euros à la ville, ou pour avoir payé en tableaux leur ticket d'entrée sur les marchés publics de cette commune de 10'000 habitants.

Jacques Bouille, maire de Saint-Cyprien de 1989 à décembre 2008, avait été mis en examen et emprisonné notamment pour blanchiment et trafic d'influence. Il s'est pendu dans sa cellule le 24 mai 2009, à l'âge de 62 ans.

'Pur mécénat'

Parmi les quinze prévenus, quatre ont été relaxés, dont le plus généreux donateur, l'avocat et homme d'affaires suisse Damien Piller, acheteur de dix tableaux pour 400'000 euros. Il avait assuré que ces achats étaient du 'pur mécénat' dans l'attente de la création du musée rêvé par M. Bouille.

Les avocats de M. Piller avaient souligné lors du procès que leur client avait toujours agi en confiance avec le maire. Mais le promoteur suisse a dit que cette confiance avait commencé à s'altérer au printemps 2007. 'Il avait partiellement perdu la tête', avait-il déclaré.

Le 'système' Bouille

Conformément aux réquisitions, les peines les plus sévères ont été infligées aux principaux auxiliaires de M. Bouille à la mairie, qui ont favorisé les détournements. Ils ont reconnu avoir touché de l'argent de chefs d'entreprise désireux de faire avancer leurs affaires.

Le directeur de cabinet de l'époque, Rémi Bolte, partie intégrante du 'système' Bouille, selon l'accusation, a été jugé coupable de corruption passive et active et de complicité de recel de prise illégale d'intérêts. Il a écopé de quatre ans de prison dont deux ans avec sursis, conformément aux réquisitions.

Le directeur des services de la mairie, Francis Montor, a également été condamné à quatre ans de prison mais avec un sursis de 30 mois, et l'ancien adjoint aux finances, Pierre Fontvieille, à deux ans dont un ferme.

Marie-Antoinette Alberny, veuve de Jacques Bouille, a été condamnée à deux ans dont 18 mois avec sursis. Le tribunal a infligé 18 mois avec sursis aux deux adjoints au maire, Marc Blasco et Jean-Louis Izard. La cour a été moins sévère avec les corrupteurs, condamnés à des peines allant de 18 mois avec sursis, pour l'artisan électricien Eric Hernandez, à un an avec sursis, notamment pour la patronne d'une agence immobilière Christiane Patural.

/ATS
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