La vie de Marie-Antoinette, idole des Japonais, exposée à Tokyo

La vie de Marie-Antoinette, idole des Japonais, exposée à Tokyo

Photo: Keystone

Pouvait-on imaginer un jour se trouver immergé dans Versailles et l'univers de Marie-Antoinette au 52e niveau d'une tour de Tokyo ? La France offre aux Japonais, fascinés par le personnage, la première grande exposition sur sa vie jamais donnée à l'étranger.

'Elle représente la culture resplendissante et la vie luxueuse de son époque, ce qui est pour nous Japonais vraiment fascinant', dit Machiko Osugi, 67 ans, après la visite. Et puis, confie timidement cette femme au foyer à l'élégance discrète, cette escapade matinale est aussi la consolation d'une visite de Versailles, rêvée il y a 40 ans, mais qui n'a jamais eu lieu.

Quatrième grande rétrospective

Elle a ainsi pu voir les objets dont s'était entourée cette amatrice d'art, les porcelaines de Sèvres, les laques japonaises, son mobilier, sa chambre, ses vêtements, une multitude de tableaux d'elle et de ses proches.

'Les Japonais aiment Versailles et singulièrement Marie-Antoinette', résume Catherine Pégard, présidente de l'établissement public du Château de Versailles. 'Il est très emblématique que pour la première fois on envoie autant d'oeuvres (quelque 200) à l'étranger pour une exposition consacrée à Marie-Antoinette et qui traverse toute sa vie'.

C'est seulement la quatrième grande rétrospective consacrée depuis sa mort à l'épouse de Louis XVI, guillotinée le 16 octobre 1793, précise-t-elle, les trois premières ayant eu lieu en France.

Héroïne sacrifiée

'Les Japonais aiment depuis longtemps les héroïnes tragiques. Pour le peuple japonais, Marie-Antoinette, avant d'être l'épouse de Louis XVI, est considérée comme une héroïne sacrifiée.

'Elle représente bien évidemment une héroïne tragique, mais ce que je retiens et ce qui me plaît chez elle c'est la tendresse qu'elle avait pour ses enfants', dit Fusako Okuyama, 43 ans, employée de bureau venue au premier jour de l'exposition.

'C'est précisément sur ce point qu'elle est attaquée au cours de son procès, jusqu'à l'accusation terriblement odieuse d'inceste. Elle se bat et fait face dans une absolue solitude pour la cause de son fils. Elle a énormément de caractère et de tempérament', renchérit le biographe Emmanuel de Waresquiel.

Prêts du Musée Carnavalet

Son image est contrastée en France, tantôt 'traîtresse', tantôt 'icône du goût français' ou 'petite fille gâtée'. Mais 'il y a une évolution certaine' vers de la compassion et la vision de 'la femme seule qui se bat contre les hommes', 'ce procès, c'est le procès des hommes fait à une femme', dit-il. 'La Révolution est terriblement machiste'.

Ces dernières semaines passées dans la prison du Temple puis à la Conciergerie sont présentes au travers de prêts du Musée Carnavalet et des objets devenus parmi les royalistes de véritables reliques, tels la chemise portée au Temple et le soulier qu'elle aurait perdu en montant sur l'échafaud.

Ou la réplique de ce petit tableau la montrant le visage grave en costume de deuil après la mort de son mari. L'exposition 'Marie-Antoinette, une reine à Versailles' au Mori Arts Center Gallery, s'achèvera le 26 février.

/ATS
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